Avec de vrais morceaux de phrases dedans...
Journal d’un confinement : Semaine du 31 mars au 6 avril 2020
Propositions d'écritures par

"Être poète, ce n'est pas seulement écrire des poèmes.
C'est une manière de vivre,
une façon particulière de traverser le monde :
l’œil et l'esprit ouvert, curieux de tout.
Le poète est un étonné perpétuel
passionné du nouveau, de l'étrange, de l'autre,
de tout ce qui lui enseigne que
dans ce qu'il voit, entend, fait chaque jour,
il y a mille secrets cachés
un inconnu qu'il ne finira jamais d'explorer.
Qu'il y a un autre monde dans le monde,
tout aussi vrai que le premier mais plus vaste."
Jean-Pierre Siméon - in "Aïe ! un poète"
Mardi 31 mars 2020





"Ils soignent", le slam de Narcisse
Entre temps...



Mercredi 1er avril 2020



Jeudi 2 avril 2020


Vendredi 3 avril 2020







Samedi 4 avril 2020
A portée de fenêtres















Petit Bonus pour entendre le texte qui suit
« Le chant des oiseaux » de Pablo Casals - Christian-Pierre La Marca
Dimanche 5 avril 2020




Lundi 6 avril 2020



Merci pour votre feuilletage :-)

"La poésie est parole aimante, parole émerveillante, parole enveloppée sur elle-même, pétales d’une voix tout autour d’un silence. Toujours en danger de n’être pas entendue. Toujours au bord du ridicule, comme sont toutes les paroles d’amour.
On croit que la poésie est un agencement un peu maniéré de certains mots, une façon obscure de faire tinter un peu d’encre et de songe. Mais ce n’est pas ça. Ce n’est pas ça du tout.
La poésie, on ne l’écrit pas avec des mots. La matière première d’un poème, son or pur, son noyau d’ombre, ce n’est pas le langage mais la vie. On écrit d’abord avec sa vie, ce n’est qu’ensuite qu’on en vient aux mots. Ceux pour qui les mots sont premiers, ce sont les hommes de lettres, ceux qui, à force de ne croire qu’à la littérature, ne connaissent plus qu’elle.
Ceux pour qui la vie est première bénie, ce sont les poètes. Ils ne se soucient pas de faire joli. Ils s’inquiètent d’abord de vivre, seulement de vivre. Se faire silencieux, se rendre attentif, vivre, aimer, écrire- ce sont des actes qui n’en font qu’un seul.
Si la poésie n’est pas la vie dans sa plus belle robe, dans sa plus franche intensité, alors ce n’est rien- un amas de petites encres, petits orgueils, petites souffrances, petites sciences. La poésie est une parole aimante : elle rassemble celui qui la prononce, elle le recueille dans la nudité de quelques mots. Ces mots- et avec eux le mystère d’une présence humaine- sont offerts à celui qui les entend, qui les reçoit.
La poésie dans ce sens, c’est la communion absolue d’une personne à une autre : un partage sans reste, un échange sans perte. On ne peut pas mentir en poésie. On ne peut dire que le vrai et seulement le vrai. Si on ment on sort de la poésie. Si belle soit la phrase qu’on écrit, si on ment on sort de la poésie pour choir dans le langage coutumier, dans le mensonge habituel, dans la vie ordinaire, morte."
Christian Bobin, in : « La merveille et l’obscur »