Avec de vrais morceaux de phrases dedans...
14 Avril 2020
Un jour
le monde ne nous ressemblera plus
Il aura perdu la trace de lui-même
Aucun poème ne sauve la face
de la terre
mais...

Écrire
saisir des étoiles
du bout des doigts
ouvrir un paysage
dans le regard de l'autre
Nocturnes quotidiens enfermés
les mystères s'élargissent du possible des secrets
Entrebâiller
dans le rythme d'une voix
cette confidence éphémère
Glisser lentement
dans le chaud d'un bain blues
Se retourner vers l'horizon bientôt surpris
par l'évidence d'un peut-être
Et puis rien ensemble
pour quels que soient les mots
alors la face cachée
aime un poème
comme un verbe
confiner

Fenêtre
Regard ouvert
Porte le monde
déménage la rue
emmène le mouvement
avant devant
le pavé suit tes pas
le bon endroit
est un reflet
à l'envers de soi
le bitume
glisse
dans les prémices
d'un appartement
aux portes
du monde...
En équilibre
au bord du temps
la vie que rien n'entrave
élève les âmes
à leur juste valeur
Par cœur
le vide n'a pas peur
de lui même
chaque pas
habite
nos mondes croisés
et des envols de paroles
éclairent
nos chemins
funambules

Tu y crois toi
À d'autres lunes pleines
Quand le travail pas fini
Tu y crois
Aux saisons encore
Dans l'ouvrage suspendu
Tu y es toi
Entre les murs sombres
Où entre la lumière
Tu fais quoi toi
D'hier aujourd'hui pour demain
J'ouvre la fenêtre
Sur nous

11 mai ou pas
Merle chante
Tilleul bourgeonne
Soleil printemps
En attendant
Toujours balcons pour ensemble
Nous sans chef mains a tenir à un mètre
Eux malgré rien sauver très très fort
D'ici là donner sourires
Prêter épaules solides même loin
Offrir mots soutiens silence écoute
Être quelque part avec tout.tes
Et feuilles vertes
Quels que soient nos bitumes d'HLM
Ecrire nos nouvelles saisons
Communes

A l'intersection parfaite
d'un court instant parfait
une seconde parfaite
de perfection abstraite
à troubler...

L'horloge
a laissé la pendule à l'heure
Pendant tout ce temps
elle a refait un peu le monde
sans faire exprès
Après
le ciel s'est mis à tourner
comme un cadran
Pourtant
aucun oiseau
n'a cessé de chanter
à ce moment là...

Laisser
Derrière l'aube
une respiration
murmure un chant
presque rien
Laisser
Sur cet horizon
un espoir minuscule
qui croustille
légèrement
Laisser
L'approche
d'un ciel timide
ne fait aucun bruit
Laisser
Quelle parole
attend sagement
au coin de nos lèvres ?...

De la main à la main
retenir l'espace d'un ciel
paume ouverte comme porte
par dessus
effleurer
sans retenir
ou juste ce qu'il faut
quand aimer fait sens
saisissant
les liens possibles
caresser
ailleurs des nuages
vont viennent vivent...

J'espère l'attente
à l'horizon des cœurs
qui battent
Dans l'absence
il y a l'autre
L'espace
est plein
dans le lointain
de nos présences
Sans
la solitude se remplit
Le manque
est un avec
Au fond de soi
tout un monde de nous
sous son toi...

Qu'est-ce que tu fais de toi
quand tu dois te quitter
quelle absence tu dois regretter
sans le vouloir
quel départ forcé
te laisse indemne
quelle valise tu prends
quand le sang versé autour
te tétanise
quel toi tu abandonnes
devant des portes qui se ferment
comme des mains
quel cœur t'attend
quand toutes les villes
te virent du leur
Dans ma maison
la chaleur refroidit des traces
qui effacent tous les murs
sans abris...

Un jour
tu croise le monde
et tu te dis
que
- le regard sur ta tablette -
tu l'as oublié quelque part
Un jour
tu te répète qu'il n'est pas trop tard
pour aller vers
pour changer de
pour éteindre le feu
de ton smartphone allumé
Un jour
tu sais
que rien ne remplace
le face à face avec la réalité
et tu fais en sorte
que le voyage commence
devant ta porte...

Qu'allons nous perdre
en enlevant nos vêtements de marques
nos raisons d'être connectés
nos envies de junk food
qu'allons nous laisser
derrière nos vitres fermées
comme nos poings nos mains nos cœurs
qu'allons nous offrir
à l'autre
de nos têtes bien faites
en lui claquant la porte au nez
qu'allons nous créer
pour demain
dès le matin
en courant vers le vide la perte
la rue déserte d'amour
chaque jour
que faisons nous
pour rester debout
sur une terre
préservée ?
Et tenir
l'autre...

Dans ton oreille
le monde va chanter
écoute
l'eau que tu n'as pas encore complètement
assoiffée
l'explosion qui ne perdra pas la montagne
ce feu sans brûlure irréversible
ce nuage sensible à la pluie
ce gris
qui promet des bleus
où les verts survivront
écoute le son
de la terre
que tu ne veux pas perdre
et danse la
sans la blesser
pour que le monde
se préserve en nous...

Tu cherche
l'espace entre deux silence
sous le matin
tu glisse le nom aimé
tu compose avec un téléphone
sourd à tes appels
sous la terre
quoi que tu attende
rien ne pousse autrement
Un nuage
ne te résume pas
Pourtant
tu espère
toute fleur à venir...

Le luminaire
au plafond des nuits
éclaire la maison qui brûle
dans notre absence de regard
La ville solitaire
en clignant des yeux
s'est noyée dans le noir
Il avait voulu s’asseoir dans l'attente
mais le feu au lac
l'a plongé dans l'inaction feu au cul
Elle attendait le temps
quand la terre a déposé d'un sms urgent
sa plainte à ses pieds
alors elle a couru
vers leurs mains qui tenaient
le monde à bout d'espoir
Et nos balcons ont chanté...
