Avec de vrais morceaux de phrases dedans...
9 Avril 2015
Jardin d’Enfant
La pluie a pris le train
plein vent dans la nuit
je cours, je cours, je cours
je monte et je descends
c’est mes pas qui résonnent
dans la cloche qui sonne
je tombe
je crie
je ris
ce n’est rien
un grillon se bidonne
et puis plus rien …
je donne un coup de reins
et entreprend de grimper sur un tronc
un merle m’encourage
il sifflote une vieille comptine de sève bleue
je glisse
m’agrippe au tronc rugueux
j’enrage
deux mésanges à tête bêche
piaillent d’un air revêche
sur mes jurons
d’un bond je remonte
décidée à dompter ce damné arbre
je m’accroche à la première branche
CRAAAAACK
je flanche
SCRAAAAAAAAAAAATCHHHHHHHH
j’avalanche dans la terre molle
les guibolles agenouillées
j’ai envie de pleurer
un avion passe

j’ai la peau crasse
les mains ébréchées
la volonté lasse
des yeux d’herbe mouillée
à mes côtés
une fourmi passe
chargée comme un baudet
elle se fout de mes grimaces
La Fontaine vous le dirait
elle a d’autres chats à porter

j’ai la peau crasse
les mains ébréchées
la volonté lasse
des yeux d’herbe mouillée
à mes côtés
une fourmi passe
chargée comme un baudet
elle se fout de mes grimaces
La Fontaine vous le dirait
elle a d’autres chats à porter
j’ai l’air d’une limace
à la coquille consignée
je suis lasse
trop lasse pour me relever
juste mes yeux se déplacent
vers le haut du cerisier
où un vers barbouillé de cerise
me regarde le ventre bombé
il ricane
si ! si ! je l’entends ricaner
« ah ! ouai !
tu vas voir
tu vas voir c’que j’ai rêvé … »
et le corps léger d’odeurs
je repars à l’assaut du verger
ce soir
c’est sûr
vous verrez
j’aurai un sommeil de verdure
et ma chevelure de feuilles emmêlée
gardera ce parfum d’aventure
collé au réveil de mon oreiller.
j’ai l’air d’une limace
à la coquille consignée
je suis lasse
trop lasse pour me relever
juste mes yeux se déplacent
vers le haut du cerisier
où un ver barbouillé de cerise
me regarde le ventre bombé
il ricane
si ! si ! je l’entends ricaner
« ah ! ouai !
tu vas voir
tu vas voir c’que j’ai rêvé … »
et le corps léger d’odeurs
je repars à l’assaut du verger

ce soir
c’est sûr
vous verrez
j’aurai un sommeil de verdure
et ma chevelure de feuilles emmêlée
gardera ce parfum d’aventure
collé au réveil de mon oreiller.
© Anne Rapp-Lutzernoff – Poëtudes - 2016